2. Faux-départ(s) : du 8 au 24 octobre 2018

1291 kms parourus du 8 au 24 octobre. 1291 kms parcourus depuis le départ

Lundi 8 octobre 2018 :

Depuis plusieurs semaines, nous nous étions fixés cette date pour notre nouveau départ. Comme je vous l’ai expliqué dans notre dernier article, nous voulions attendre d’assister au superbe Festival des Aventuriers organisé par Annie et Stéphane et Marais près de Rochefort sur Mer. Et nous avons bien fait ! Voici un petit résumé du week-end. C’est avant tout l’occasion de retrouver des amis de longue date, comme la merveilleuse famille Sanagustin, ayant entrepris une vie nomade depuis 2 ans afin de voyager autour du monde. Leur nom de voyageurs est les PLEM MOBILES et je vous invite à suivre également leurs aventures sur leur passionnant blog ! Ils reprennent la route très vite et on s’est donné rendez-vous à Oulan Bator, capitale Mongole, au mois de juillet 2019, pour boire une bière ensemble. Pascal, des ESPACLA, était là également. Il fait également partie des premières familles de voyageurs que nous avons rencontrées il y a une dizaine d’années, qui nous ont fait comprendre qu’on pouvait aller au bout de nos rêves… D’autres familles, devenues des amis, suite à tant de nombreux et bons moments partagés ensemble durant notre voyage en Amérique du sud, sont également venues. La famille LECOMTE ou bien la MAMAYOURIA, étaient également de la fête. Autant d’amis que nous prenons beaucoup de plaisir à revoir, et avec lesquels les enfants passent des heures à jouer. Mon papa était là également, pour venir assister à toutes ces projections, pour venir nous dire au revoir et également pour choisir la destination où il nous rejoindra durant notre voyage… Laos, Cambodge ?… Là encore, le rendez-vous est pris pour le mois d’octobre prochain ! Mais c’est aussi l’occasion de faire beaucoup de nouvelles rencontres comme celle de Camille et Lewis, jeune couple revenant juste d’un périple d’un an en Afrique, au volant d’un superbe camion Mercedes, et ayant emprunté le circuit que nous comptons faire en sens inverse. C’est ainsi l’occasion de leur poser plein de questions et d’être rassurés sur l’aspect sécuritaire de ce continent que nous traverserons du sud au nord dans environ deux ans. Quelle joie de voir tous ces aventuriers présenter leur voyage, comme Nono, Ronus et W1W1, qui équipés de vélos en bambou, ont exploré la partie la plus sauvage de la côte d’Afrique Centrale à la recherche de vagues jamais surfées. Adeline et Olivier ont parcouru du Canada au Mexique 4500 km de pistes à vélo avec un bébé de 10 mois calé dans une remorque. David et Loïc, deux autres explorateurs, ont arpenté plus de 650 km à travers les forêts primaires à la rencontre des derniers clans vivant en autarcie totale en Nouvelle-Guinée. Il y avait aussi Luc ayant parcouru en 2 ans et demi 90000 km en Afrique. Amélie et Marion, quant à elles, ont bien fait rêver Anaïs et son amie Lola (des PLEM), qui se voient déjà faire comme ces deux sœurs ayant relié l’Alaska à Ushuaïa. Anne, quant à elle, a traversé en solitaire le Sahara mauritanien…Et puis nos amis les PLEM présentaient leur début d’aventures au Moyen Orient… Bref, nous avons pris un grand bol d’énergie à voir tous ces voyageurs.L’heure est venue de dire au revoir à mon papa, mais que nous prévoyons de retrouver très vite, pour passer les fêtes de fin d’année, dans le sud marocain. S’il y a une chose de difficile dans le voyage, c’est bien cette séparation avec la famille et les amis ! Petit détour par notre maison, pour charger quelques dernières affaires et verser une dernière larme en se séparant d’Emilie et Boris, que nous ne reverrons pas avant 3 ans. Nous jetons également un dernier regard sur notre maison, mais un regard rassuré par le fait que ma nièce en prendra bien soin et qu’elle pourra avec son compagnon Boris y prendre autant de plaisir que nous en prenons à y vivre. Nous passons saluer les élèves des classes de la commune de Romegoux où nous vivons, qui vont nous suivre durant notre périple. Tous les élèves des 3 classes montent dans le camion pour visiter. Puis nous répondons à toutes les nombreuses et pertinentes questions qu’ils avaient préparées, avec leur professeur Jonathan.C’est parti, l’aventure commence, et quelle aventure ! Un petit passage sur la bascule, à la coopérative agricole voisine, nous conforte sur la charge de notre véhicule. Nous dépassons à peine la charge maximum autorisée. Le véhicule pèse tous pleins faits environ 5 tonnes pour un PTAC de 4,8 tonnes. Cela nous change de notre premier voyage où notre camping-car avait près d’une tonne de surcharge ! Les paysages viticoles charentais défilent sous nos yeux. Le ciel est bleu, les couleurs d’automne sont déjà là. Nous quittons notre Charente Maritime que nous n’allons pas revoir pendant un long moment.

Tout se passe bien sauf cette odeur pestilentielle qui infecte la cabine de la Tiny. Une odeur d’animal en décomposition pollue l’air. C’est irrespirable mais fenêtre ouverte, ça passe. J’ai eu beau chercher en démontant le tableau de bord, je n’ai rien trouvé. Peut-être qu’un animal a trouvé refuge (mais pas la sortie) dans une gaine de chauffage.

Nous nous dirigeons vers chez nos amis, Manou et Julien, près d’Angoulême pour les saluer eux aussi avant de partir. C’est ce soir que nous ouvrons la première des 36 enveloppes de défi à réaliser durant ce voyage. Voir l’onglet « Défis » pour plus d’explications.

Mardi 9 octobre 2018 :

Ce passage est aussi l’occasion que Julien m’aide à réaliser l’installation du poêle à bois dans la Tiny. C’est en effet la seule chose que je n’avais pas eu le temps de finaliser avant le départ. Il y a 3 ans, il m’avait déjà donné un sacré coup de main pour réaliser un coffre-fort indestructible dans l’ancien camping-car. La journée se passe donc pour Julien à préparer un socle en structure métallique qui supportera le poêle. De mon côté, je perce la structure bois de la cabane, remplace les matériaux existants (lambris intérieur bois et isolant en laine de bois) par des matériaux incombustibles (panneaux de Fermacell et isolant en laine minérale). Une attention particulière est portée à la transmission de la chaleur dans ce petit espace, ainsi qu’aux éventuels problèmes d’étanchéité de fumées mais également d’eau pouvant venir de l’extérieur. Merci mon Ju pour ton aide ! La journée se termine chez d’autres amis, Anne et Stéph près d’Angoulême.

Mercredi 10 octobre 2018 :

Je passe la journée à bricoler sur mon poêle. Je prépare le système de cheminée extérieure amovible que j’enlèverai quand le poêle ne sera pas en service. Tout se passe bien et nous profitons de notre première flambée le soir… Le tirage est bon, le poêle fonctionne à merveille. Les températures étant encore douces, juste un petit morceau de bois suffit à faire grimper le thermomètre de plusieurs degrés. Je pense qu’on l’appréciera beaucoup dans certaines régions froides que nous traverserons. On espère pouvoir trouver du bois un peu partout sur les bords de route, à part peut-être en Mongolie…

Jeudi 11 octobre 2018 :

Je termine tranquillement les finitions de mon poêle à bois pendant qu’Audrey fait l’école à Anaïs et Victor qui étudient consciencieusement.Après l’heure du déjeuner, l’heure est venue de prendre la route direction plein sud ! C’est parti cette fois-ci pour de vrai pour l’aventure. Nous partons en direction de Cahors où nous sommes attendus dans la famille ce soir. Enfin, nous aimerions bien partir car au moment de vouloir démarrer le véhicule, et bien, il ne veut pas. Le moteur de la Tiny ne veut rien savoir. Tout m’a l’air conforme au niveau électrique. Je démonte la tête d’un injecteur et le gasoil semble arriver normalement… Première péripétie du voyage alors qu’on n’est pas encore vraiment parti !! Sur les conseils de Matthieu joint par téléphone (Merci !), la pulvérisation de quelques petites bouffées de Start Pilot dans l’admission d’air me permet en insistant un peu sur le démarreur de pouvoir enfin faire tourner le moteur… Que faire ? Prendre la route plein sud au risque de tomber en panne quelques kilomètres plus loin ou bien faire demi-tour et rejoindre notre garagiste Mercedes à Saint Jean d’Angély à une heure de route seulement pour une dernière révision. La sagesse l’emporte et nous revenons… en Charente Maritime que nous n’avions pas vue depuis… deux jours… Faux-départ… Désolé tata et tonton, on ne sera pas là ce soir pour dîner avec vous ! Dès notre arrivée à la concession Mercedes, Franck, le responsable, nous prend aussitôt en charge. Il faut dire qu’on commence à être habitué et connu ici, car nous avons déjà passé plus d’une semaine ici début juillet pour des problèmes d’injection. Notre mécanicien habituel, Joaquim, s’occupe de nous et diagnostique une prise d’air au niveau de deux joints toriques au niveau de la tête de filtre à gasoil. D’où la présence de bulles d’air dans le circuit et le désamorçage du circuit dès lors qu’on ne roule pas pendant quelques heures. Par précaution, nous préférons passer la nuit sur place pour voir comment se comportera au démarrage le moteur le lendemain matin.

Vendredi 12 octobre 2018 :

Après une nuit passée en pleine zone industrielle sur un parking peu glamour entourés de hangars métalliques, nous nous empressons avec Joaquim d’actionner le démarreur de la Tiny. Celle-ci, pressée de partir découvrir le monde, démarre au quart de tour. Ouf… première (et dernière on l’espère) panne réparée. Nous faisons route vers le Lot après avoir passé une partie de la matinée à faire l’école aux enfants. Nous franchissons une nouvelle fois (et dernière ?) le panneau de sortie de Charente Maritime sur lequel est marqué « à bientôt ». Nous ne prenons bien entendu ce message pas pour nous… Les paysages vallonnés de Charente et de Dordogne défilent. Bientôt, la route longe les méandres du Lot avant d’arriver en soirée dans la magnifique ville de Cahors. Magnifique tant au niveau architectural qu’au niveau sentimental dans notre famille. C’est ici que mes grands-parents et parents s’étaient installés il y a 56 ans à leur retour en métropole suite aux évènements en Algérie. C’est ici qu’ils ont vécu quelques décennies. C’est ici qu’ils reposent. C’est ici que mes parents s’étaient rencontrés. Et c’est aussi ici que repose paisiblement ma maman qui me manque tant. Autant vous dire que cette arrivée dans cette ville, la gorge serrée, est chaque fois remplie d’émotion. Je m’empresse, seul, d’aller faire un tour sur le Pont Valentré, et de regarder les eaux du Lot couler entre les piles de cet ouvrage médiéval. Je ne pouvais pas commencer ce tour du monde sans passer par ici et saluer la mémoire de ma maman.

Ce magnifique ouvrage a revêtu ce mois d’octobre sa superbe robe lumineuse de couleur rose, témoin de la lutte contre le cancer du sein. Je ne peux m’empêcher de penser à mes parents qui, il y a bien longtemps, travaillaient sur ce même pont l’été pour participer à l’organisation des spectacles son et lumière.

Samedi 13 octobre 2018 :

Nuit paisible mais réveillés matinalement par le train de marchandises à quelques mètres de nous, nous partons déambuler après l’école dans les ruelles de la cité médiévale de Cahors. Nous commençons par un passage sur le Pont Valentré, monument emblématique de la ville. Il s’agit du pont médiéval fortifié le plus complet et le plus représentatif de France. Achevé au 14ème siècle, c’est un ouvrage d’art remarquable. Comme à chaque passage, et de façon quasi rituel chaque année, les enfants cherchent le fameux diable sculpté au sommet de la tour centrale, clin d’œil à la légende affirmant qu’il aurait apporté son concours à l’architecte pour achever l’ouvrage.

Nous empruntons le circuit habituel qui nous fait passer devant la maison de mes grands-parents, l’ancienne épicerie de Madame Barthe où je me faisais offrir des œufs Kinder il y a plus de 30 ans en allant acheter ce qui manquait à ma grand-mère pour cuisiner.Quelques centaines de mètres plus loin, nous arrivons au marché hebdomadaire. Sous un superbe ciel bleu, au son des musiciens jouant quelques airs de saxo, nous nous enivrons des odeurs et des couleurs des étalages. L’accent occitan chanté par les commerçants et les passants cadurciens nous souhaite la bienvenue dans cette superbe région. Quelques achats nous tenteraient mais nous ne pouvons succomber, faute de place ! Quel bonheur de voir ces étals de charcuterie et de fromages régionaux, d’autant plus qu’on sait combien ils vont nous manquer durant notre voyage !

L’accueil et les moments partagés ensuite en famille chez ma tante et mon oncle sont toujours aussi agréables. Victor, avec une journée d’anticipation, est bien gâté pour ses neuf ans ! Dimanche 14 octobre 2018 :

Nous prenons la route toujours un peu plus vers le Sud. Le Lot et Garonne pointe le bout de son nez. Des envies de s’arrêter dans chacun des villages où nous passons et de visiter ces bastides et vieux châteaux, mais il nous reste encore près de 80000 km à parcourir… Alors nous reviendrons une autre fois. La pause méridienne se fait dans le Quercy Blanc à Montcuq. Je vous laisse imaginer l’amusement des enfants et les jeux de mots trouvés sur ce nom de village. A peine descendus du camion, la magie du voyage opère déjà et nous faisons une très agréable rencontre avec une famille locale venue par hasard à notre rencontre. Lydia et Ludo, accompagnés de leurs enfants, s’imaginent déjà parcourir le monde et pourquoi pas en Tiny ? C’est aussi et surtout pour cela que nous voyageons, pour toutes ces rencontres. Même si on sait celles-ci éphémères et même s’il est impossible de garder contact avec toutes ces personnes croisées au hasard de notre voyage, c’est un plaisir de passer du temps avec elles. Encore une petite carte de visite distribuée… L’arrêt de Montcuq est donc très agréable et vaut particulièrement le détour. Le bourg médiéval est superbement restauré. C’est aujourd’hui jour de marché hebdomadaire. L’étroitesse des rues de Montcuq nous permet de déambuler et de se perdre dans ce charmant lieu.

Nous passons devant le magnifique donjon, haut de 24 mètres, édifié au début du 13ème siècle qui, construit sur un socle rocheux naturel, servait de lieu de commandement, de système défensif (murs de 2 mètres d’épaisseur) et de résidence seigneuriale en temps de guerre.

Encore une belle rencontre, déclenchée par la curiosité à notre arrivée à la Tiny, avec deux randonneuses dont une partie sur les chemins de Saint Jacques de Compostelle, depuis l’Autriche, début juillet ! Encore plus que notre camping-car précédent, et sans aucun doute, cette petite cabane en bois va amuser plus d’un passant et nous faire réaliser de belles rencontres. Nous ne sommes qu’à quelques centaines de kilomètres de chez nous, et déjà d’agréables souvenirs des personnes croisées. Nous arrivons en soirée chez d’autres amis voyageurs. Vous vous souvenez, pour ceux qui nous avaient suivis sur notre premier voyage, de cette petite vidéo ? Cliquez sur le triangle rouge :

C’était lors de notre fameuse grosse panne à 4000 mètres d’altitude, perdus dans le désert d’Atacama. Ils nous avaient alors remorqués pour nous mettre en sécurité sur un parking avant que la dépanneuse ne vienne nous chercher 48 heures plus tard. Heureusement qu’ils étaient là ainsi que Mary et Manu sans qui nous serions certainement encore là-haut à se nourrir de brochettes de lamas dans le minuscule hameau de Machuca. Merci encore les amis ! Et bien, nous voici chez Catherine et Philippe, voyageurs croisés à plusieurs reprises en Amérique du Sud, notamment en Uruguay, en Argentine et au Chili, avant de se revoir quelques fois à notre retour. Ils voyagent à bord d’un ancien camion de pompiers 4x4 Renault 110 150 TI sur lequel Philippe a entièrement construit de ses mains une cellule très agréable et fonctionnelle. Nous passons donc d’agréables moments à nous rappeler de bons souvenirs, à nous donner des nouvelles des connaissances communes de notre petite communauté de voyageurs, à nous raconter nos rêves et nos projets. Jeunes retraités, nous aimerions tant être comme eux dans quelques années… Mais on sait maintenant de qui ils tiennent ça. Colette, la maman de Catherine, passe quelques jours chez eux et quelle rencontre nous avons faite là encore ! Colette est une femme incroyable, pétillante, rayonnante, joyeuse. Du haut de ses 81 printemps, elle continue encore de parcourir le monde et est aussi fière que modeste de nous expliquer qu’elle a déjà réalisé 82 voyages. Elle connaît toutes les régions du monde, tous les continents… A part le Portugal et la Belgique qu’elle visitera plus tard quand elle sera vieille. Merci Colette pour cette rencontre, pour votre énergie communicative ! Et peut-être qu’on se croisera en avril lors de votre prochain voyage en Iran ! Victor, aujourd’hui, souffle ses 9 bougies et est fier d’ouvrir ses cadeaux dont une liseuse chargée de nombreux livres numériques ainsi que le jeu vidéo de Minecraft !

Lundi 15 octobre 2018 :

Philippe, m’aide à bricoler sur le camion et à finaliser le branchement électrique d’un coupe-batterie. La batterie du véhicule a une tendance à se décharger lentement et je n’arrive pas à trouver la fuite. Donc, cette installation m’évitera de tomber en rade de batterie un matin où j’aurai oublié de démonter la cosse de batterie la veille au soir ! Nous testons l’installation en voulant faire démarrer le moteur. Vous me voyez venir ?? et bien oui, que dalle, que tchi, nada, le camion ne veut pas démarrer. Non pas à cause de ce que nous venons de faire. Mais c’est bien le circuit de gasoil qui s’est de nouveau désamorcé durant la nuit, comme il y a quelques jours à Angoulême… Décidément… En lui racontant mes soucis mécaniques, Philippe la veille au soir, m’avait donné, à titre préventif, une pompe électrique de gasoil au cas où le circuit de carburant venait de nouveau à se désamorcer. Bon ben du coup, c’est à titre curatif que nous nous lançons dans l’installation de cette pompe. Quelques instants plus tard, nous actionnons cette dernière et les bulles d’air contenues dans le circuit disparaissent dans le tuyau de retour gasoil et le camion peut enfin démarrer ! Merci l’ami Phiphi… Je penserai à toi chaque matin ! Rassurés, nous pouvons prendre la route et quitter nos amis en se donnant peut-être rendez-vous dans quelques temps sur les bords du lac Victoria en Afrique… Toujours plus vers le Sud, nous traversons le Gers avant d’entrer dans le dernier département que nous traverserons en France, les Pyrénées Atlantiques. Le bivouac de ce soir a lieu sur la place de l’église d’un tout petit village un peu en retrait de la nationale. A peine arrivés, une vieille dame vêtue de rouge, sortant de l’église, fait son apparition et nous souhaite la bienvenue en nous indiquant quelques commodités dans son village. Encore un joli sourire.

Mardi 16 octobre 2018 :

Je suis obligé d’actionner l’interrupteur pour amorcer le circuit de gasoil sans quoi le camion n’aurait pas démarré ce matin. Merci encore Phiphi… Mais un nouveau souci se profile et nous oblige à nous diriger vers Pau pour une consultation médicale.  Après quelques heures, nous sommes fixés et devons prendre la décision de refaire de nouveau marche arrière et de revenir en Charente Maritime près de chez nous pour nous poser quelques jours. Pas de remise en question du voyage, ni de conséquences médicales sur le reste du voyage mais il est plus prudent de nous rapprocher de chez nous. La gorge serrée, nous faisons donc route vers le nord. Deuxième faux-départ. Nous profitons d’un arrêt sur la route pour rendre visite à ma marraine, ce qui nous permet de passer un agréable moment en famille et nous évite de passer la soirée seuls. Peut-être que nous nous retrouverons en Namibie ?

Mercredi 17 à dimanche 21 octobre 2018 :

Trois jours durant lesquels nous prenons des avis médicaux et prenons la décision d’une intervention chirurgicale pour Audrey, sans gravité mais nécessaire, ce vendredi. Repos et récupération durant le week-end. Nous profitons suite à ce deuxième faux-départ et ce retour chez nous, de repasser chez Mercedes à Saint Jean d’Angély pour faire réparer notre camion qui démarre de plus en plus mal. Le même défaut que le garage avait réparé il y a bientôt 15 jours revient de plus en plus souvent, à savoir le désamorçage du circuit de gasoil. Nous prévoyons donc d’aller passer la nuit de ce soir au garage, afin qu’ils puissent y regarder dès demain matin, et en espérant que le circuit se sera désamorcé dans la nuit. Mais bon, nous espérions au moins démarrer de chez nous ce soir, et là le camion ne veut rien savoir. Le moteur, bien qu’amorcé par la pompe électrique de Philippe installée la semaine dernière, ne démarre pas. Le Start Pilot n’y fait rien non plus. GALERE. J’insiste jusqu’à vider la batterie. Je prends mon téléphone et appelle mon assurance pour demander une assistance, espérant que cette dernière acceptera de me remorquer, non pas dans le garage le plus proche mais à Saint Jean d’Angély, à plus de 30 km, où le véhicule est suivi. Et là, c’est beaucoup plus simple et rapide car ils refusent totalement de me prendre en charge car mon assistance ne fonctionne qu’à plus de 25 km de mon domicile. GALERE. Nous ne pouvons donc rien faire ce soir à part profiter d’Emilie et Boris qui sont aux petits soins pour nous. Le moral n’est pas là. Lundi 22 octobre 2018 : De bonne heure, en voiture, je file à la concession Mercedes. Comme d’habitude, ils me reçoivent rapidement et efficacement. Franck, le chef d’atelier (bon maintenant qu’on est habitué, on s’appelle par nos prénoms !) décide de m’envoyer notre mécanicien attitré à notre domicile pour intervenir sur la Tiny. J’assiste Joaquim, venu avec son camion atelier, en essayant de comprendre la recherche de panne qu’il effectue de manière consciencieuse. Malgré ses compétences et son énergie à nous remettre en route, il ne parvient pas à faire démarrer le véhicule. Rapidement, il diagnostique que la pompe à injection n’est pas alimentée électriquement. Le système de préchauffage fonctionne. Il ne semble pas y avoir d’air dans le circuit de gasoil. Mais il aurait besoin de la valise PC pour brancher le calculateur dessus et voir les codes défauts.

Il retourne finalement à la concession afin de revenir avec la dépanneuse pour nous remorquer. C’est donc tractés par une barre de remorquage que nous entamons notre tour du monde. Encore un faux-départ. Je passe donc une heure à diriger la Tiny, sans direction assistée. Le plateau qui nous tracte peine un peu mais parvient à tirer nos 5 tonnes durant environ 50 kilomètres. Arrivés à la concession, il est trop tard pour que Joaquim regarde de plus près au problème et il reprendra le travail dès demain matin. Nous voici néanmoins sécurisés d’être ici, entre de bonnes mains.

Mardi 23 octobre 2018 :

De bon matin, Joaquim embauche sur notre Tiny et commence les premiers tests avec la valise qui lui permet de communiquer avec le calculateur du véhicule. Plusieurs défauts apparaissent et il passe la matinée à tenter de les effacer. Il a des doutes sur l’électrovanne d’arrêt du moteur de même que sur le capteur de vilebrequin. Il teste méticuleusement et consciencieusement chacun des organes du camion. Il imprime les schémas de câblages électriques qui lui permettent de tester tous les branchements. La pompe à injection semble quant à elle ne pas être alimentée électriquement. Bref, en début d’après-midi, il ne peut aller plus loin dans ses recherches sans avoir changé ce capteur de vilebrequin, appelé aussi capteur PMH ou Point Mort Haut. Mais celui-ci n’étant pas en stock ici, n’arrivera que demain matin.Nous avons vraiment la poisse avec ce capteur. C’est déjà lui qu’on croyait défectueux début juillet et qu’on avait remplacé suite à des problèmes d’injection sur le moteur qui se mettait régulièrement en mode dégradé.

En fait, le défaut P1451 qui revenait sans cesse avait encore été trouvé par Joaquim et son collègue Dylan. Il s’agissait d’un décalage à l’avance de la pompe à injection. Et ce capteur PMH, c’est également lui qui nous avait immobilisé 3 semaines durant notre dernier voyage en Amérique du Sud, dans le désert d’Atacama. On s’était dépanné comme on pouvait là-bas et de retour en France, le diagnostic du PMH défectueux était tombé. Comme dit si bien notre ami Guillaume : PMH = Problème récurrent des Mollalpagas pour vous tenir en Haleine…   Durant cette période un peu galère, où les émotions des adultes sont accompagnées de stress et de doutes, les enfants restent d’une incroyable patience et gentillesse. Ils s’occupent calmement, une fois l’école terminée, à jouer, à lire, à tricoter (Merci tata Patricia pour les cours de tricot !)…

Le gros avantage de cette journée de démontage et de mécanique est que Joaquim a enfin trouvé d’où venait l’odeur de cet animal pourri qui nous infestait l’air de la cabine depuis plusieurs semaines. Il a en effet trouvé, bien rangé dans sa boîte circulaire, un camembert sous un cache plastique du tableau de bord… Bien joué les copains (enfin si on peut appeler ça des copains…) qui ont réussi à cacher durant notre fête de départ il y a quasiment deux mois ce joli cadeau… Autant le premier camembert sous le matelas de Victor (c’est quand-même pas sympa pour Victor…) avait rapidement été trouvé, autant celui-ci… Bon, je ne peux pas trop dire grand chose car c’est juste une revanche… Mais celui qui a des remords ose se dénoncer. Il ne sera pas pardonné. Mais je lui rendrai le camembert… On a bien une petite idée mais on hésite encore entre Dimi, Marcel, Juju ou Stéphane…

Encore un bivouac (le dernier ?) entre les hangars métalliques du garage. Soirée tranquille avec les enfants en regardant un film tous ensemble bien blottis sous la couette.

Mercredi 24 octobre 2018 :

Dès 8 heures, le livreur est déjà passé pour livrer la pièce. Joaquim, s’empresse malgré les 6° matinaux et le jour à peine levé de venir la monter sur la Tiny. Il n’a pas rentré la Tiny dans le garage mais continue à travailler dehors, afin de pouvoir nous laisser continuer vivre dans le véhicule jour et nuit. C’est super sympa à lui car il serait bien plus à l’aise pour travailler dans son atelier, à l’abri du froid et du vent. Aussitôt la pièce montée, et les codes défauts effacés, le démarreur est actionné et la Tiny démarre au quart de tour !!! Ouf… Reste à faire tout un tas de tests à la valise pour bien vérifier qu’il n’y aient pas d’autres défauts. Tout est parfait… Encore merci à toi, Joaquim, et à la concession SAVIA MERCEDES de Saint Jean d’Angély pour votre service, votre disponibilité et votre réactivité et votre professionnalisme. Nous ne sommes pas très loin de Poitiers et décidons d’aller faire un au revoir à Mamie Liliane et Papi Daniel, ce qui nous permet également de tester le véhicule sans trop s’éloigner du garage si besoin. Nous devons de toute façon repasser au garage demain matin, car nous avons commandé un capteur PMH d’avance ! Merci à tous pour vos nombreux messages de soutien et de sympathie que vous nous avez témoignés durant ces deux premiers faux-départs et de cette dernière semaine bien mouvementée et un peu galère ! La cavale des Mollalpagas va donc pouvoir reprendre ! Est-ce que le troisième départ sera le bon ? Vous le saurez dans les prochains articles… Si ce n’est pas déjà fait, pensez à vous inscrire à la Mollaletter en bas cette page pour être averti de la parution de nos prochains articles. Pour ceux n’ayant pas de comptes Facebook ou Instagram, vous pouvez néanmoins suivre nos publications sur ces réseaux sociaux en bas de ce blog. On y publie des petits posts un peu plus régulièrement que sur le blog.

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