203 km parcourus du 27 juillet au 2 août 2020

57 928 km parcourus depuis le départ

Lundi 27 juillet 2020 :

Notre séjour helvétique se poursuit, toujours avec un agréable climat. Nous avions prévu de ne passer que deux ou trois semaines en Suisse mais je crois qu’on va y passer le double à ce rythme-là… Nous suivons toujours les bons conseils des amis suisses, les CROODS et les Convois d’Anges Heureux. Ils nous ont donné leurs bons plans et les incontournables de leur joli pays. Nous sommes dans l’Oberland bernois.

Aujourd’hui, nous nous rendons au Musée suisse de l’habitat rural de Ballenberg qui présente l’habitat rural traditionnel venu de presque toutes les régions de Suisse : Jura, Plateau central, Plateau bernois, Suisse romande, Plateau oriental, Suisse Centrale, Tessin, Suisse orientale, Oberland bernois, Valais, Grisons… C’est un musée à ciel ouvert qui réunit, plus de 40 ans après son ouverture, 109 bâtiments typiques et caractéristiques de l’habitat rural suisse : maisons d’habitation, demeures cossues, chalets d’alpage, églises, bâtiments utilitaires tels que granges, étables, porcheries, fromageries, buanderies, fermes, dépendances, greniers à céréales, moulins, fumoirs et séchoirs à fruits… Tous sont aménagés avec leur mobilier et leur outillage typique de chacune des régions.

Nous passons une excellente journée dans un cadre naturel exceptionnel, en découvrant l’architecture de ces bâtiments construits entre le 16ème et le 19ème siècle, de la vie sociale, de la vie quotidienne et de la culture paysanne du milieu rural de la Suisse d’autrefois. Ces constructions historiques n’ont pu être maintenues sur leur emplacement d’origine, pour différentes raisons. Ce ne sont pas des reproductions mais réellement des originaux. Elles ont été démontées, puis reconstruites sur les 66 hectares de terrain que compte le Musée du Ballenberg. Mais la végétation a repris ses droits et nous avons l’impression que ces maisons ont toujours été là.

Nous rentrons dans des dizaines de maisons différentes et nous observons les ameublements et les objets usuels des cuisines, des salles de séjour et des chambres.

Mais nous prenons aussi beaucoup de plaisir à admirer les alentours. Jardins potagers, jardins de plantes médicinales et aromatiques, champs, prairies et pâturages sont superbement aménagés selon des modèles historiques. Plus de 250 animaux de ferme, de toutes les espèces et de races indigènes agrémentent la visite. Certaines fermes reconstruites ici pierre par pierre accueillent même comme autrefois dans leurs étables des vaches, des cochons, des chèvres… Nous n’avons pas l’impression de nous promener dans un musée, encore moins dans un parc d’attractions, mais réellement dans des petits villages qui vivent.

Nous entrons dans quelques ateliers et nous voyons aussi des artisans au travail, accomplissant des tâches traditionnelles avec des outils d’époque refaisant ainsi revivre le quotidien campagnard d’autrefois : forge, scierie, droguerie, broderie, corderie, tuilerie, menuiserie, fromagerie, sculpture… C’est un plaisir de voir toutes ces vieilles machines-outils.

L’ensemble de cet immense parc est remarquable. Tout est parfait, bien arrangé. En tout cas, nous avons été séduits.

Deuxième nuit sur le parking du musée.

Mardi 28 juillet 2020 :

Dès 10h30, nous avons déjà fait nos courses, roulé quasiment une heure pour arriver à 1900 mètres d’altitude, non loin du Col de Grimsel.

Bien équipés de nos chaussures de rando, c’est encore parti pour une belle journée de marche. Et encore grâce à nos amis les CROODS, sans qui jamais nous aurions eu connaissance de cette magnifique balade que nous commençons.

Bon, on galère au départ pour trouver le départ de la rando qui doit se faire normalement en passant à pied sur le Barrage de Spitallammdu, régulant les eaux du lac artificiel de Grimsel. Or, ce barrage datant de 1932 montre des signes de faiblesse et est en train de se fissurer. Un deuxième barrage est donc en construction à quelques mètres en aval du premier pour le remplacer d’ici 2025. Le passage sur le vieux barrage est donc impossible et nous devons descendre au pied de l’ouvrage pour remonter de l’autre côté de la vallée de l’Aar. L’ouvrage d’art en travaux est impressionnant. Il sera aussi haut que le premier, soit 113 mètres et aura même la possibilité d’un rehaussement de 23 mètres dans une phase ultérieure d’extension du Lac de Grimsel, ce qui doublera quasiment le volume du réservoir. Nous assistons au dynamitage et à l’excavation colossale des matériaux. Ce qui est étonnant est que l’ancien barrage subsistera et sera mis en eau des deux côtés.

Nous suons dès les deux premiers kilomètres de cette rando car la pente est raide… Mais le chemin est parfaitement empierré et sécurisé pour nous protéger du précipice. Puis il débouche dans un tunnel obscur d’une cinquantaine de mètres de longueur creusé dans la roche.

Et dès la sortie de ce tunnel, c’est l’apothéose ! Incroyable point de vue sur le Lac de Grimsel qui est le plus important lac de rétention pour la production hydro-électrique de la région. Ses eaux d’un blanc laiteux sont absolument superbes. Cette couleur est le résultat de la présence de paillettes minérales en suspension dans les eaux et provenant de l’érosion glaciaire. Elles sont alimentées en partie par le Glacier de l’Unteraar, le plus grand des deux glaciers à l’origine de l’Aar, l’autre glacier étant le Glacier de l’Oberaar.

Superbe cascade du Juchlibach près de laquelle nous apprécions notre petit café sorti de la thermos.

La progression de notre randonnée se fait sur un superbe chemin recouvert de grandes dalles par endroit. De beaux escaliers sont taillés dans la roche ou réalisés avec la pose de magnifiques pierres.

La végétation est aussi très belle. On traverse par endroit des tourbières et des forêts de petits conifères appelés Aroles.

Nous arrivons au bout du lac long de 6 kilomètres et voyons la magnifique langue glaciaire de l’Unteraar mais il n’y a plus de glace depuis longtemps. Le glacier, qui s’étend sur environ 6 kilomètres avant de déboucher sur le Lac de Grimsel, est en recul et ne fait pas exception à la règle de la fonte des glaciers à cause du réchauffement climatique. La langue est recouverte de débris rocheux à cause de fréquentes chutes de pierre sur les versants.

Le temps est menaçant et nous invite à rapidement faire demi-tour par le même chemin. Nous trouvons refuge quelques minutes dans une minuscule grotte protégée par une pierre plate.

Puis, c’est juste avant l’arrivée d’une belle perturbation que nous arrivons dans notre Tiny après un peu plus de 12 kilomètres parcourus et 570 mètres de dénivelé positif. Nous roulons seulement quelques kilomètres pour atteindre le Col de Grimsel où nous nous installons pour le bivouac avec une jolie vue depuis notre chambre à coucher sur les lacs artificiels de barrages dont celui que nous venons de longer aujourd’hui.

Avec un immense plaisir, nous sommes rejoints en soirée par les CROODS qui viennent passer quelques jours en notre compagnie. Pour fêter les retrouvailles, c’est à notre tour de les inviter dans notre cocon autour d’une fondue double fromage : vacherin et gruyère… encore une belle soirée.

Mercredi 29 juillet 2020 :

Nous redescendons le Col de Grimsel, traversons la ville de Gletsch, une toute petite rivière appelée Rhône avant d’aussitôt commencer la montée du Col de la Furka. Durant la montée et avant d’en atteindre son sommet, nous profitons d’une jolie vue sur les cascades du Rhône dévalant du glacier donnant naissance à ce qui deviendra quelques centaines de kilomètres plus loin l’un des grands fleuves français.

Nous voyons la fumée noire d’une locomotive du train à vapeur tractant des voitures importées du Vietnam qui s’apprête à franchir la Furka pour gagner Realp.

Puis nous marquons l’arrêt un peu avant le col pour aller voir le Rottengletscher, le Glacier du Rhône. Encore une fois, sur les bons conseils des CROODS qui nous ont indiqué un petit sentier gratuit, nous arrivons à un point de vue incroyable sur le Glacier du Rhône, la ville de Gletsch, les deux superbes routes que nous venons d’emprunter et la vallée de Conches dans laquelle s’écoule le Rhône. Le glacier s’étend sur 8 kilomètres et atteint une largeur de plus d’un kilomètre. Sa superficie est de 17 km². Le haut du glacier se situe à 3600 mètres d’altitude. Sa langue glaciaire devant laquelle nous sommes est à 2250 mètres d’altitude. A ses pieds un grand lac vert créé par les eaux de fonte. Le Rhône parcourt 290 km en Suisse, se jetant dans le Lac Léman pour en sortir à Genève. Il entre ensuite en France, où il parcourt plus de 500 km avant de terminer son cours dans la Mer Méditerranée.

Comme beaucoup de glaciers des Alpes, il a beaucoup reculé. Jusqu’au début du 20ème siècle, la langue du glacier descendait jusque dans la vallée de Conches à la hauteur du village de Gletsch à environ 1800 mètres d’altitude, soit 450 mètres plus bas dans la vallée.

Malheureusement une entreprise exploite le site et a creusé une galerie dans la glace permettant de visiter l’intérieur du glacier. Mais comme le glacier perd 10 à 20 centimètres d’épaisseur par jour mais aussi parce que, poussé par la gravité, il ne cesse d’avancer, cela nécessite de creuser régulièrement une nouvelle galerie. Pour limiter les effets de la fonte des glaces, d’horribles bâches de tissu protègent la grotte de glace. Et le tourisme de masse continue à encourager les propriétaires à entretenir ce site dénaturé par ce saccage de bâches. Comment peut-on à ce point gâcher un si beau paysage ?

Nous poursuivons encore 4 kilomètres notre route et atteignons le Col de la Furka, le quatrième plus haut col du pays, à 2436 mètres d’altitude.

Puis, toujours avec nos amis Val’ et Oliv’ et leurs deux enfants Nelo et Zoltan, mais aussi en compagnie de leur adorable et si bien éduqué chien Yoda, nous partons passer un agréable moment à aller marcher et à gratter le sol à la recherche de pointes de cristaux de quartz. C’est une première pour nous mais les CROODS ont l’habitude de venir à cet endroit. Après plusieurs heures de fouilles, nous trouvons plusieurs belles petites pointes à six faces. Super moment avec un panorama magnifique.

Pour ne pas abuser des fondues au fromage et pour diversifier un peu les menus, les CROODS nous invitent à partager un bon moment autour d’une fondue chinoise dans leur camion !

Ce soir encore, le ciel nous offre de belles lumières lors du coucher du soleil.

Jeudi 30 juillet 2020 :

Tous ensemble, nous partons randonner toute la journée en direction du Glacier Sidelengletscher.

Nous sommes entourés de pics et de glaciers vertigineux dépassant les 3000 mètres d’altitude et répondant aux noms de Chli Furkahorn, Gross Furkahorn, Sidelenhorn, Gross Bielenhorn, Chli Bielenhorn, Schafberg… C’est une chance d’être avec Olivier, fin connaisseur du coin, guide de haute-montagne et qui a déjà grimpé tant de pics qui nous entourent. Il nous apprend beaucoup sur la géologie, la météo…

Ça grimpe bien jusqu’au refuge de Sidelenhütte situé à 2708 mètres d’altitude. Lieu magique où une bière est bienvenue avec ce panorama à couper le souffle !

Puis c’est reparti sur un chemin bien chaotique et accidenté. Mais nos 4 enfants galopent malgré la difficulté du terrain.

Les paysages sont époustouflants, avec de merveilleux lacs turquoise, des glaciers, des cascades !

Fin de randonnée après une dizaine de kilomètres de marche et environ 350 mètres de dénivelé positif et 660 de négatif. Nous sommes tous fiers de nos enfants. Mais nous sommes encore à 5 km de nos véhicules. Nous remontons avec Olivier en stop jusqu’au Col de la Furka pour aller chercher nos véhicules puis nos familles.

Soirée autour de la crêpière bretonne. A nous de faire découvrir à nos amis les spécialités culinaires françaises !

Vendredi 31 juillet 2020 :

Nous perdons 1000 mètres d’altitude en descendant le Col de la Furka jusqu’à Andermatt. Puis nous changeons de vallée et nous attaquons à la montée du Col de Susten situé à 2260 mètres d’altitude. Les paysages sont encore une fois, comme partout en Suisse, magiques !

Puis, nous nous enfonçons dans la petite vallée du Steingletscher jusqu’à un parking situé au pied de glaciers splendides.

Il est trop tard pour partir randonner et les enfants n’ont pas trop de motivation pour d’affronter les 700 mètres de dénivelé qu’on leur propose. Il faut dire qu’on enchaîne depuis plusieurs jours les grosses randos ! Par contre, lorsque Valérie et Olivier leur proposent d’aller escalader une paroi de granit pour la première fois de leur vie, ils sautent de joie et retrouvent soudainement de l’énergie ! Nous passons donc un long moment à escalader quatre voies différentes d’une vingtaine à une trentaine de mètres de hauteur. Audrey enfile également le baudrier et en toute confiance escalade la paroi. A tour de rôle, les enfants grimpent ou bien assurent la sécurité de leurs petits copains. Anaïs et Victor grimpent à plusieurs reprises avec beaucoup d’adresse pour une première expérience. Quant à moi, je préfère rester en bas de la paroi et je n’ai pas trop le courage de grimper.

Après-midi exceptionnelle à grimper dans un cadre encore plus exceptionnel !

Bivouac de folie au pied de ces monstres de glace bercés par le grondement de l’eau de fonte des glaciers. Dernière soirée en compagnie de nos amis autour de la bûche scandinave offerte par les Convois d’Anges Heureux.

Samedi 1er août 2020 :

Je suis au regret de vous annoncer que nous n’avons pas pu réaliser notre défi du mois de juillet. Celui de nos amis les PLEM : « Faire un petit spectacle de rue tous les quatre avec quête (avec bénéfices à reverser au mendiant de votre choix) ». Bon, il faut dire que la mendicité n’est pas très présente en Suisse. Elle est même interdite dans une majorité des cantons et cette mesure bouleverse le quotidien de beaucoup de personnes en situation de précarité. De plus, il faudrait visiblement une autorisation pour faire un spectacle de rue… Il va falloir qu’on se ressaisisse car c’est le troisième défi de suite que nous perdons… Celui que nous découvrons ce matin à l’ouverture de l’enveloppe du mois d’août devrait être plus simple à réaliser : «Inviter 4 inconnus à manger dans la Tiny».

C’est l’heure des au revoir avec nos amis Valérie, Olivier, Nelo et Zoltan avec qui nous nous sommes si bien entendus. Merci les CROODS pour tout ce que vous nous avez apporté. Sans vous, nous ne serions pas venus dans tous ces petits coins de paradis de la Suisse. Merci pour ces tours en parapente et cette après-midi d’escalade dans un cadre paradisiaque. Merci pour ces chasses aux trésors “champignons” et “cristaux de quartz”. Merci pour ces saveurs culinaires helvétiques que vous nous avez fait découvrir. Hâte de vous retrouver sur les routes après votre saison !

C’est la Fête nationale en Suisse qui célèbre l’acte fondateur de la Confédération de 1291. Il y a beaucoup de monde sur le parking qui randonne ou qui escalade aujourd’hui. Grosse rando prévue aujourd’hui pour nous aussi. Enfin pas longue, seulement un peu plus de 5 km aller-retour mais avec 713 mètres de dénivelé positif ! Bien que Victor soit un peu blessé à un pied suite à une petite chute hier, il est bien courageux pour partir affronter cette belle pente… Nous aimerions atteindre cette petite cabane qu’on voit depuis hier, celle tout en haut de la montagne juste en dessous de mon doigt sur la photo.

La montée est raide et sur la moitié du parcours très accidentée. Presque de l’escalade par endroit, mais sans baudrier, ni corde.

Les paysages sont de plus en plus splendides au fur et à mesure que nous approchons du glacier. Nous sommes au niveau des grands séracs qui nous apercevions d’en bas. Ce sont des gros blocs de glace en équilibre.

En deux heures de marche, nous avons parcouru seulement 2,7 km mais avons grimpé plus de 700 mètres de dénivelé. Nous atteignons le refuge de Tierberglihütte à 2795 mètres d’altitude et cette cabane qui nous paraissait si petite vue d’en bas. Nous sommes récompensés de notre effort par un fabuleux panorama sur les glaciers du Sustenhorn et du Gwächtenhorn. L’instant est magique devant ce glacier. Encore une fois, je suis tellement fier de mes enfants, d’autant plus que nous enchaînons depuis quelques temps de difficiles randonnées presque tous les jours.

Nous ne pouvons pas aller plus loin car il faudrait être équipés de crampons et de cordes pour marcher sur la glace. De plus, l’orage se met à gronder dans les vallées voisines. Il est temps de redescendre après une pause pique-nique bien méritée. Nous arrivons à la Tiny juste avant une très grosse pluie bien fatigués.

L’eau qui descend du glacier m’invite à aller y prendre ma douche… Elle n’est qu’à 9°C et il pleut mais j’y fonce quand-même. Bon, je n’y traine pas non plus !

Fin d’après-midi tranquille à la Tiny.

Dimanche 2 août 2020 :

Journée off aujourd’hui. Les enfants ont besoin de repos. Ils rattrapent ce matin leur retard dans l’écriture quotidienne de leur carnet de voyage et ils en ont car les journées sont bien riches en ce moment en rencontres et en activités. Moi également, je trie mes centaines de photos, je fais ma sélection pour le blog et j’écris ces quelques lignes.

Alors que nous nous apprêtons à quitter ce chouette bivouac au pied des glaciers, un gars nous interpelle : « Mais je vous connais sur Internet et là je vous vois en vrai, j’ai adoré votre dernier article sur le blog où vous parlez des maisons en tavillons ! ». Nous discutons un peu avec Manu, un futur voyageur suisse qui s’aménage un chouette véhicule.

Nous terminons notre descente du Col de Susten. Ça y est, nous avons terminé cette jolie boucle des 3 cols avec celui de la Furka et celui de Grimsel. Cette route est très empruntée par les Suisses qui font un tour en vélo, en roller-ski, en calèche, en voiture ancienne, en mobylette, ou en luxueuse voiture de plusieurs centaines de chevaux…

Nous perdons 1600 mètres d’altitude en quelques dizaines de kilomètres et retrouvons des températures plus douces. En chemin, petit arrêt habituel pour refaire les pleins de nos deux réservoirs d’eau à une fontaine, comme on en voit beaucoup en Suisse.

Allez, on termine la journée par encore une fondue au fromage et un pot de double crème étalée sur des meringues pour faire saliver ceux qui connaissent…

80 km plus loin, nous nous installons pour le bivouac sur le parking d’un cimetière près de la ville de Lucerne que nous visiterons demain.

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