265 km parcourus du 19 au 25 novembre 2020

62 869 km parcourus depuis le départ

Jeudi 19 novembre 2020 :

Notre cavale croate continue dans les plus belles conditions. Nous sommes vraiment sous le charme de la Croatie, ce pays des Balkans bénéficiant de la douceur du climat méditerranéen, bien que les températures commencent un peu à baisser. Déjà un mois que nous y sommes entrés depuis la Slovénie, et au vu de tout ce qu’on a envie de découvrir encore et au rythme où on avance, on va peut-être passer Noël ici !

Nous quittons l’île de Pag où nous avons pris tant de plaisir à bivouaquer parmi les oliviers millénaires. Derniers cairns sur la plage de notre joli bivouac pour laisser une petite trace du passage des Mollalpagas en cavale.

Mais il nous faut continuer notre parcours et surtout aller nous approvisionner à la première station-service en eau car nous sommes au bout de nos réserves. Nous descendons le long de cet étroit ruban insulaire avec parfois une vue simultanée sur la mer des deux côtés de l’île. Les paysages sont toujours arides, bien qu’un peu de végétation pousse sur les cailloux. Des marais salants, où l’or blanc paraît être exploité de manière mécanisée et industrielle, occupent le sud de l’île. C’est par un pont que nous rejoignons le continent alors que nous étions arrivés en ferry il y a quelques jours au nord de l’île.

Nous retrouvons alors soudainement de la végétation.

Nous marquons l’arrêt à Nin, dont le cœur antique de la ville s’étend en plein milieu d’une lagune sur un îlot dont le diamètre est de seulement 500 mètres. Elle est reliée au continent par deux ponts de pierre datant du 16ème siècle. La ville est cernée de murs défensifs bien restaurés.

La fondation de Nin remontant à trois mille ans, en fait l’une des villes les plus anciennes de la Méditerranée. Elle est le berceau historique du pays, le premier centre politique, religieux et culturel de la Croatie médiévale, la ville royale croate la plus ancienne. Il y avait douze églises et trois monastères, dont trois églises subsistent. Nin a été le siège du Diocèse de None du 9ème au 19ème siècle. On compte parmi les vestiges les restes des bâtiments romains (du 1er au 6ème siècles) autour de l’Église de la Sainte-Croix du 6ème siècle. Et comme l’église principale d’un diocèse prend le nom de Cathédrale, Nin peut prétendre avec cette église, avoir la cathédrale la plus petite dans le monde ! Elle mesure environ 8 mètres de long, pour autant de largeur et de hauteur.

Nous prenons beaucoup de plaisir à marcher sur cet îlot tout en admirant les paysages de la lagune et surtout tous ces bateaux typiques du secteur. La ville de Nin est aussi connue pour son héritage en matière de construction de bateaux de bois. Ceux-ci se déplacent à la force des rames, elles-mêmes fixées sur un grand axe fixé perpendiculairement à l’axe du bateau.

En sortant de la ville, nous visitons l’Église Saint-Nicolas, construite sur un promontoire avec des petites pierres, et mesurant moins de 6 mètres de largeur, de longueur et de hauteur. En raison de la menace turque, un bastion de défense a été ajouté aux 16ème siècle et au 17ème siècle.

Nous roulons à présent vers la ville de Zadar et son agglomération de quelques 100 000 habitants. Elle est la cinquième ville de Croatie. Il y a bien longtemps qu’on n’est pas passés par une ville aussi grande ! Qu’elles sont loin toutes ces mégalopoles chinoises qu’on a traversées avec leurs millions d’habitants… On ne peine donc pas à trouver une place sur le campus universitaire à deux pas du port et de la péninsule sur laquelle est bâti le cœur historique. C’est parti pour la visite d’une ville qui, riche de ses trois mille ans d’Histoire, peut se vanter d’avoir un beau patrimoine culturel et historique.

La péninsule est encerclée de ports où se reposent chalutiers, bateaux de promenade en mer, ferries reliant les nombreuses îles (l’archipel de Zadar compte 300 îles et îlots) et même l’Italie, bateaux de croisières, voiliers, yachts ou magnifiques 3 mâts…

Nous arrivons face aux fameuses murailles de la ville qui l’ont protégée pendant des siècles. Les Bedemi zadarskih pobuna qu’on appelle à Zadar aussi Muraj sont inscrits au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Ils ont été érigés au 12ème et 13ème siècles, et renforcés au 16ème siècle pour les besoins des Vénitiens qui voulaient mieux se défendre contre d’éventuelles attaques turques. Ils sont massifs, très hauts. Face à elles, se trouvent le bastion et le parc municipal, créé en 1890 (c’est le plus ancien jardin public du pays).

Nous arrivons sur le petit port de Foša au pied d’une œuvre d’art de l’architecture Renaissance, la monumentale Porte de la Terre Ferme (Kopnena vrata) construite en 1543. Dans la pierre, a été taillé le cheval de Saint-Chrysogone, le Saint patron de la ville, le fameux lion ailé vénitien ainsi que le blason de la République de Venise. Cette porte défensive est large au centre pour les attelages, petite sur les côtés pour les piétons.

La Petra Zoranića trg est une belle esplanade. Ses cinq puits parfaitement alignés fournirent l’eau d’une citerne souterraine construite en 1574. Jusqu’au 19ème siècle, ce fut la seule source en eau de la ville. Autour de la place, nous voyons des vestiges de l’enceinte du 12ème siècle (seule partie encore debout des fortifications médiévales) et la Tour du Capitaine de forme pentagonale également du 16ème siècle. Vestiges plus anciens de l’époque romaine avec une unique colonne rescapée d’un temple et des restes d’une porte du 1er siècle qui provenait du Forum.

Plus loin, l’Église Saint-Siméon est un édifice à la façade baroque (17ème siècle) bâti à l’emplacement d’une basilique paléochrétienne. Mais, comme la majorité des églises, elle est fermée. Il ne peut pas y avoir que des avantages à visiter hors saison !

La petite Église Saint-Michel, romano-gothique, a sur sa façade un tympan en pierre noire sculptée.

La Place Nationale (Narodni trg) appelée aussi Gradska straža est le cœur de la vieille ville de Zadar depuis le Moyen-Âge. On y trouve le bâtiment de la Caserne de la Garde Municipale (1562) avec sa tour d’horloge (1798), la Loggia municipale (13ème siècle) où on rendait autrefois la justice et où les annonces publiques étaient rendues depuis le balcon, l’Hôtel de ville (néo-Renaissance).

Le Palais Ghirardini est une haute maison romane qui se remarque à son balcon gothico-Renaissance du 15ème siècle.

Toujours sur la même place, en entrant dans le Café Lovre, on aperçoit les vestiges de l’Église Saint-Laurent du 11ème siècle.

Nous longeons les murs nord de la vieille ville, où le marché occupe un quartier entièrement ravagé par les bombes de 1944. Nous achetons un morceau du réputé fromage de l’île de Pag.

L’Église Saint-Chrysogone, est un bel exemple d’art roman italien avec ses rangées d’arcades aveugles et sa succession de fines colonnettes du 12ème siècle.

La Porte Saint-Chrysogone qui perce les remparts a été bâtie en 1573 en l’honneur de la victoire de l’armée chrétienne sur l’armée de l’Empire Ottoman. Côté ville, on lui a incorporé les restes d’un arc de triomphe romain, surmonté d’un fronton Renaissance et de la statue équestre de Saint-Chrysogone.

Le Forum romain est devenu aujourd’hui une magnifique esplanade pleine de terrasses, cafés, boutiques, toujours bien vides de touristes. Beaucoup de bâtiments ont été ravagés par un incendie, un violent séisme au 6ème siècle et la Seconde Guerre mondiale. De nombreux éléments et des pierres furent récupérés pour des constructions diverses. Aménagé du 1er siècle av. J.-C. au 3ème siècle de notre ère, c’est le plus vaste de la côte est de l’Adriatique (95 mètres sur 45 mètres). Il a conservé son dallage par endroit et de nombreux vestiges, comme des sarcophages.

On trouve sur cette grande place l’Église Saint-Donat. Typique de l’art roman et bâti au 9ème siècle sous influence byzantine, l’édifice religieux d’allure compacte est construit sur un plan circulaire et tout en hauteur qui lui donne une allure de fortification. À la base, on voit les fragments de colonnes, frontons et corniches romains, récupérés sur le Forum romain, qui lui servent d’assise à sa base.

Juste à côté, la Cathédrale Sainte-Anastasie du 12ème siècle avec une imposante façade à trois portails d’influence toscane et des jolies rosaces.

Nous longeons les murs de l’austère monastère franciscain Samostan Sv. Frane qui abrite la plus vieille église gothique de Dalmatie.

Belle arrivée sur le front de mer, appelé la Riva, et sur la pointe de la presqu’île. Endroit si envahi par les touristes en temps normal, c’est quasi désert aujourd’hui. Le lieu est réputé pour les Morske orgulje. En 2005, l’architecte Nikola Bašić a réalisé un surprenant orgue hydraulique. Il s’agit d’un escalier descendant dans la mer et équipé de nombreux tubes qui produisent des notes. La mer devient ainsi un compositeur et interprète hors pair. On entend une nouvelle symphonie qui change au gré des vagues. La mélodie est bien agréable au passage d’un bateau qui crée alors plus de vagues. Les 35 tubes de l’orgue marin aménagé à fleur d’eau émettent alors de sons différents.

Voici ci-dessous un aperçu des sons qu’on a pu enregistrer.

Du même artiste, la Salutation au Soleil est un grand cercle de 22 mètres de diamètre composé de près de 300 panneaux solaires qui emmagasinent l’énergie le jour pour la restituer la nuit sous la forme de jeux de lumière et couleur. De plus, l’œuvre d’art alimente en énergie une partie du quartier.

Retour vers la Tiny en passant devant les bâtiments de l’Arsenal Veliki et de la poudrière.

Nous avons bien apprécié la visite du vieux centre de Zadar bien que nombre de ses bâtiments historiques aient été cruellement bombardés pendant la Seconde Guerre mondiale. Il en demeure quelques beaux bâtiments, les épaisses murailles, les dalles lustrées sur lesquelles on marche pour découvrir la ville.

Le port de Zadar est un des points de départ d’excursions vers l’archipel des îles Kornati. Mais, là encore, il n’y a plus assez de touristes pour qu’il y en ait. Petite déception en apprenant cela mais après recherche, on se rend compte qu’on peut partir en ferry sur l’île de Dugi Otok dont le sud fait partie du Parc National des Kornati, et en plus avec la Tiny… Et voilà que notre parcours change à la dernière minute… Nous prendrons le bateau demain à 16h30 (heure croate) mais 17h30 à l’heure “Mollalpagas” !

Nous sortons un peu de la ville et dormons sur le port. Décidément, on aime bien les ports en Croatie ! Joli coucher de Soleil sur le port et sur l’archipel de Zadar.

Vendredi 20 novembre 2020 :

Du fait de l’isolement de l’île, nous devons faire nos réserves alimentaires et surtout en eau potable pour avoir un peu d’autonomie pour quelques jours. L’eau est en effet une denrée rare sur l’île car elle est importée du continent par bateau citerne. Nous profitons également du passage dans une grande ville pour acheter chez Décathlon quelques habits pour nos enfants qui grandissent vite.

En milieu d’après-midi, nous nous rendons sur le port. Mince, ce n’est pas le bon, celui-ci ne prend que les piétons. Nous devons retraverser la ville pour aller sur le gros port où accostent tous les ferries mais aussi les gros bateaux de croisière, eux aussi à l’arrêt en période « covidale » !

Je négocie le prix car la gentille caissière qui parle quelques mots de français me demande si mon véhicule est un camping-car. Je lui réponds que non, que c’est un camion. Du coup, on paye presque deux fois moins cher ! Pour moins d’une trentaine d’euros, c’est parti pour 1h20 de traversée à l’heure où le Soleil se couche. Nous longeons toute la péninsule de la vieille ville de Zadar avant de slalomer entre différentes îles.

Nous arrivons de nuit sur l’île de Dugi Otok, la plus grande île de l’archipel de Zadar avec 45 km de long sur 4 km au plus large. Une seule et unique route du nord au sud est parsemée de quelques minuscules villages. En tout, la population de l’île est de 1700 habitants. Une fois débarqués sur le port de Brbinj, nous ne cherchons pas plus loin pour bivouaquer car on n’aime pas chercher de nuit. Le temps est exécrable ce soir et alors que nous sommes déjà au lit, le vent soufflant à plus de 50 km/h m’oblige à changer d’emplacement pour nous mettre à l’abri entre deux bâtiments.

Samedi 21 novembre 2020 :

C’est parti pour juste une quinzaine de kilomètres durant lesquels notre compteur kilométrique passe un cap important, 183 565 km… Bon, oui, et alors ?… Et bien ça veut dire qu’on a déjà parcouru durant ce voyage 62 700 km… Bon, oui, et alors ?… Et bien si on additionne ce kilométrage aux 37 300 km parcourus durant notre aventure en camping-car en Amérique du Sud en 2015-2016, on franchit aujourd’hui le cap symbolique des 100 000 km sur la route à travers 34 pays différents !! Et on ne compte pas tous les “petits voyages” effectués au Maroc, en France, en Sicile, en Espagne, en Irlande réalisés aussi en camping-car… ça va bien mériter deux ou trois apéros ce soir…

Les enfants et Audrey ont le droit à deux journées d’école de pause ! ça tombe bien, l’endroit qu’on a choisi pour le bivouac est l’une de plus belles plages de Croatie, la plage de Sakarun. D’autant plus qu’elle est déserte. Une longue plage de 800 mètres au fond d’une baie sur laquelle on peut se garer directement sur les galets.

Mais c’est depuis les airs qu’elle est encore plus belle ! Voici une photo prise par Paul Prescott, le Zagrebois qui nous avait invités gentiment dans sa famille lors de notre passage dans la capitale. Il est photographe professionnel et fait des clichés de toute beauté ! En voici un…

Je vous invite à aller parcourir son superbe site en cliquant sur ce lien.

Et en plus, c’est rare en Croatie, il y a une partie en sable fin. Enfin, ce qu’il en reste car il paraît que la plage était entièrement recouverte de sable auparavant, avant que celui-ci ne soit utilisé pour la construction. Bon, il y a un peu de déchets, ce qui est extrêmement rare, ou du moins une première pour nous en Croatie. J’ai oublié de vous en parler pour l’instant mais depuis notre arrivée en Croatie, on trouve le littoral et la mer très propres. Il est tellement rare de trouver un déchet plastique, que dans ce cas-là, on le ramasse pour le jeter. Quel contraste avec d’autres pays bordant la Méditerranée.

Bon, la plage fait un tout petit moins rêver car n’étant pas nettoyée l’hiver, elle est recouverte d’algues, de nombreux déchets plastiques et de quelques boulettes de pétrole échoués. L’endroit reste néanmoins paradisiaque.

Le vent reste frais toute la journée et les températures sont un peu fraiches avec une dizaine de degrés mais le grand soleil réchauffe vite dès lors qu’on n’est pas à l’ombre. Nous passons la journée à buller, à cuisiner, à jouer dans le sable, à bricoler, à aller se promener, à cueillir des fruits d’arbousiers pour en faire de la confiture, à construire une cabane, à assembler des cairns de galets, à rassembler quelques déchets pour mieux profiter de cette magnifique plage, à jouer à des jeux de société, à faire des câlins à nos amours d’enfants, à profiter d’un feu, et bien entendu à boire l’apéritif…

On ne craint pas attraper le Covid-19 ici et les distanciations ne sont pas difficiles à respecter !

Dimanche 22 novembre 2020 :

Audrey part courir et revient avec de jolies photos du bout de la péninsule.

Le programme de ce matin est identique à celui d’hier avec en plus au programme, baignade dans une eau à 17°C. Pas très chaud avec la petite brise marine… Amélioration de la cabane avec plantation de plantes, confection d’un jeu de dominos pour les prochains visiteurs, petits mots marqués au feutre noir sur des galets.

Audrey et Victor entretiennent aussi régulièrement les plantes de la Tiny récupérées ça et là, au gré de nos balades.

Puis, nous partons à l’extrémité nord de l’île où nous nous garons au pied du phare de Veli Rat, construit en 1849. Haut de 41 mètres, il a une portée à plus de 40 km. Il serait le plus haut de la Mer Adriatique. Face à nous, il n’y a plus d’îles, ce sont les côtes italiennes et la ville d’Ancône à 120 km à vol d’oiseau.

Nous partons faire le tour de la péninsule du nord de l’île en longeant le littoral rocheux sur 6 km. Du coup, nous avons une vue sur une partie de l’archipel de Zadar dont l’île Molat.

Là encore, nous sommes confrontés à la pollution maritime. Le nombre de déchets plastiques échoués sur les rochers est impressionnant. Comment peut-on en venir à jeter à la mer une télévision ou un pare choc de voiture ?… Désolant.

Nous passons devant une épave toute rouillée de bateau dont il ne reste plus grand-chose. Cela doit faire quelques années qu’elle est échouée.

La mer est cristalline. Plusieurs nuances de bleu s’offrent à nous. C’est whaouuuu…

Les rochers sur lesquels nous marchons difficilement sont eux-aussi superbes.

Retour à la Tiny et nous partons visiter l’un des petits villages de l’île, Veli Rat. Petite déception alors qu’il était décrit comme très mignon dans notre guide. Il se résume à un petit port de pêche, une marina avec de jolis voiliers et quelques maisons d’architecture quelconque alignées le long du rivage.

Du coup, nous n’y restons pas bivouaquer comme nous l’avions envisagé mais retournons sur notre bivouac sur la plage de Sakarun où les enfants sont contents de retrouver leur cabane qu’ils améliorent encore un peu.

Lundi 23 novembre 2020 :

Comme hier matin, il fait 12°C dans la Tiny quand nous sortons de dessous notre couette. On a le bout du nez tout froid. Autant hier, il n’y avait pas école et on a fait la grasse matinée jusqu’à ce que le soleil réchauffe vite le camion. Autant ce matin, il fait encore nuit quand le réveil sonne pour aller à l’école. J’allume donc le poêle à bois et Audrey lance la cuisson du chou-fleur. C’est la première fois que je le rallume depuis plus d’un mois et demi et nos fraiches nuits en Slovénie. Rapidement, on a trop chaud ! et le soleil arrive dans les yeux de nos écoliers. Du coup, on tire les rideaux… L’école se passe dans un cadre agréable avec encore une jolie vue sur la plage.

Nous quittons notre plage de rêve pour descendre le long de cette île étirée toute en longueur. La route offre de magnifiques points de vue panoramiques sur les îles et même sur la ville au loin de Zadar de laquelle nous sommes partis.

Premier arrêt au village de Dragove, qui recense 36 habitants. Une route bétonnée étroite et bien pentue nous mène au port. Pas beaucoup d’intérêt à part son mignon et minuscule port de pêche.

Mais c’est surtout pour son bunker anti aérien pour les sous-marins de l’ex-Yougoslavie que nous avons fait le détour. Je n’ai pas trouvé beaucoup d’informations dessus. Il doit très certainement dater de la dernière Guerre mondiale. Cet abri creusé dans la montagne avec un accès direct sur le petit port est impressionnant par ses dimensions.

En chemin, nous nous arrêtons cueillir d’autres arbouses sur les « arbres à fraises » car la confiture d’Audrey a été une réussite.

L’unique route continue de nous offrir des vues à couper le souffle parfois sur les deux côtés de l’île en même temps. Les îlots se multiplient au fur et à mesure de notre progression vers le sud. Les villages aussi car il semblerait qu’il y ait de l’eau potable, contrairement au nord de l’île. Nous observons d’importantes fermes de pisciculture le long de l’île.

Arrêt au village de Savar qui lui, compte 53 habitants… Le village n’est franchement pas super mignon, comme les autres car l’architecture n’est pas très harmonieuse, ni très jolie. Mais encore une fois, c’est sur le petit port que le charme est bien présent et notamment avec sa petite chapelle Sveti Pelegrin sur une minuscule presqu’île recouverte de pins. L’eau est là également cristalline.

Nous continuons notre cavale et faisons un arrêt à Sali dont le nom provient d’anciennes salines exploitées au Moyen-Âge. Quelques 740 habitants occupent la capitale administrative de l’île qui regroupe aussi plus de 25 autres îles dont deux sont habitées. Le village est organisé autour de son port de pêche et de sa marina.

Le Parc naturel de Telašćica de même que le Parc national des Kornati dans lequel nous entrons sont inscrits au Patrimoine naturel de l’UNESCO. L’entrée est gratuite en hiver. Le camping à l’intérieur du parc y est interdit mais on va essayer de se trouver un petit coin sympa.

Un peu plus loin, c’est l’heure de la cueillette d’olives sur un arbre sauvage. On va essayer de les préparer pour les prochains apéros.

Nous nous rendons par la route sur les hauteurs de la péninsule et nous nous engageons sur une petite piste qui nous mène à ce qui va être un de nos plus beaux bivouacs ! oui, souvent on se dit que c’est l’un de nos plus beaux bivouacs mais celui-ci restera comme l’un où la vue est juste incroyable. Sans le savoir, nous sommes arrivés au belvédère réputé de Grpašćak sur une ancienne piste d’héliport. Nous sommes tout en haut des falaises abruptes, qui donnent sur le large de la Mer Adriatique en direction de l’Italie, mais aussi sur les parcs de Telašćica et de Kornati. Hautes de 161 mètres, elles tombent à la verticale dans la mer. On pourrait presque plonger depuis la Tiny car la profondeur est de 85 mètres mais on préfère sortir les transats et les bières…

Mais rapidement, arrivent trois militaires. On se dit qu’ils viennent nous demander de partir mais non, ils viennent juste prendre des photos et nous dire « have a nice time in Croatia ! ». Ouf !

Soirée inoubliable à faire des dizaines de clichés du ciel qui s’illumine de mille feux au coucher du Soleil. Incroyable. Heureusement il n’y a pas de vent car ce bivouac haut perché au-dessus du vide serait juste impossible.

Mardi 24 novembre 2020 :

Whaouuuu, quel bivouac de ouf !! Le réveil sonne au moment où les premières lueurs de l’aube nous annoncent un joli lever de Soleil. Nous interrompons notre petit déjeuner pour nous rendre au niveau du fort d’où nous surplombons l’archipel des îles des Kornati. Encore un moment inoubliable…

Avec les enfants, on se remémore les levers de Soleil magiques qu’on a déjà vécus. Chacun de nous se rappelle d’un moment inoubliable et en cite un. Les souvenirs qui nous viennent sont devant les Moaïs de l’île de Pâques au Chili, sur l’île de Koh Yao Noi en Thaïlande, au Machu Picchu au Pérou, au pied des Temples d’Angkor au Cambodge, au-dessus des rizières de Yuanyang en Chine, dans les dunes de l’erg Chigaga au Sahara au Maroc, en plein Salar d’Uyuni en Bolivie, au milieu des dunes de sable du Désert de Gobi en Mongolie, aux Geysers del Tatio au Chili, en pleine Cappadoce en Turquie, dans la Baie d’Halong au Vietnam et tant d’autres ! Merci la vie !

Pendant l’école, encore dans un cadre paradisiaque, nous avons la visite du ranger du Parc national des Kornati qui gentiment, avec le sourire, nous précise qu’il est interdit de bivouaquer ici. Heureusement qu’il n’est pas passé hier soir !

Nous nous déplaçons en Tiny de quelques kilomètres pour aller jusqu’au bout de la route, point de départ d’un sentier de randonnée. La superficie totale du Parc national des Kornati dépasse les 70 km², répartis pour 1/3 sur Dugi Otok et les îlots attenants et 2/3 sur la mer. Au départ de la rando, nous marchons le long de la Baie de Telašćica longue de 9 km de long sur 160 à 1800 m de large. Entre murs de pierres, petits abris, oliveraies et chênes verts, nous voyons les ânes de Dalmatie, une espèce endémique de la région.

Nous marchons un long moment sur les hautes falaises, pas très loin de là où nous avons dormi hier. On se rend encore plus compte que nous avons dormi sur un à pic !

Le sol sur lequel nous évoluons demande beaucoup d’attention de notre part pour ne pas mettre un pied dans une crevasse.

Superbe point de vue à la fois sur la Mer Adriatique, le Lac Mir dont je vous reparlerai dans un instant et sur la Baie de Telašćica.

Nous espérons pouvoir contourner le mont le plus haut du parc, le Mrzlovica (198 mètres). Mais le chemin manque d’entretien en ce moment et notre progression jusqu’à présent déjà compliquée devient quasi impossible après la petite plage de Lojišće.

Le Lac Mir (Slano Jezero) est l’un des rares lacs salés en Europe. Profond de seulement 6 mètres, le lac est apparu lorsque les eaux de la mer se sont retirées. Malgré la proximité immédiate de la mer avec laquelle il communique encore par des failles souterraines, le lac connaît de très fortes amplitudes de températures de presque 30 degrés de différence entre l’hiver et l’été.

Retour à la Tiny après ces 10 kilomètres de rando puis nous prenons la route vers le port de Brbinj d’où nous prendrons le ferry demain à 7 heures du matin.

Nous avons la chance d’apercevoir un groupe de plusieurs dauphins jouant ensemble et faisant des bons dans l’eau.

Mercredi 25 novembre 2020 :

Joli lever de soleil alors que le ferry navigue entre les îles et îlots de l’archipel de Zadar. Comme à l’aller, nous longeons la vieille ville de Zadar mais nous distinguons mieux les bâtiments de jour alors que nous avions fait il y a quelques jours une traversée nocturne.

Matinée école pour Audrey et les enfants et intendance pour moi où je me déplace de parking en parking alors que l’école continue, entre courses, plein de gasoil, lessive sur le parking de la station-service, plein d’eau…

Route vers le Parc naturel du Velebit, cette longue chaîne montagneuse que nous longeons depuis un bout de temps. Les paysages au fur et à mesure de notre petite ascension deviennent de plus en plus arides.

Nous arrivons dans le minuscule village de Golubić, sur les bons conseils de nos amis voyageurs Béné et Guillaume, nous devançant de quelques jours et nous donnant plein de bons plans. Celui-ci en est encore un et on ne l’aurait pas trouvé tout seul car il ne figure dans aucun de nos guides touristiques.

Le petit hameau où nous nous garons est le point de départ d’une superbe randonnée qui va nous emmener dans les profondeurs du spectaculaire canyon creusé au cours des millénaires, par les rivières Zrmanja et Krupa. De magnifiques cascades ponctuent le cours des rivières.

Un chien nous accompagne durant toute la randonnée. Ce Border Collie que nous appellerons Irish, parce qu’il ressemble à celui de nos amis Daniel et Amandine, ne nous quitte pas durant les 11 kilomètres et les 410 mètres de dénivelés… La pause pique-nique est plus qu’agréable en haut d’un superbe point de vue.

Arrivés au bord de la rivière, le fond du canyon dans lequel nous devons marcher est très marécageux et boueux, nous obligeant à marcher dans des pierriers, à nous plier en quatre pour passer sous des arbres… voire même à enlever nos chaussures pour marcher une dizaine de mètres dans l’eau glaciale. Mais à ce moment-là, le chien se met à pleurer car l’eau est certainement trop froide pour lui. Nous ne pouvons l’abandonner et je me mets à le porter, malgré ses 20 kilos, le sac à dos, et l’appareil photo en bandoulière…

Nous ne pouvons poursuivre notre rando comme on l’avait espéré jusqu’au Pont de Kuda car il faudrait à présent traverser la rivière à gué et le niveau est trop haut. Nous remontons sur les hauteurs du canyon avec une jolie vue sur les cascades. Le chien est toujours avec nous et je pense qu’il va bien dormir ce soir, comme nous…

C’est à la tombée de la nuit que nous arrivons à la Tiny où de nouveau le poêle à bois va vite réchauffer l’intérieur, de même qu’une bonne raclette !

Petit point Covid-19 :

Quoi de neuf depuis la semaine dernière… Le nombre de cas en Croatie continue d’augmenter toujours un peu de jour en jour. Le pic de la deuxième vague n’est donc pas atteint. De nouvelles mesures gouvernementales ont été mises en place mais qui ne nous touchent pas en tant que voyageurs : limitation du nombre de personnes pour les événements et rassemblements publics et privés, compétitions sportives organisées sans spectateurs, fermeture des boîtes de nuit, casinos, restaurants ouverts jusqu’à 22 heures… Mais comme vous pouvez le constater sur nos photos, il n’y a pas foule dans les lieux qu’on visite… Et on continue d’appliquer les gestes barrières.

Dans le pays suivant, le Monténégro, a quant à lui annoncé en plus de ces mêmes mesures un couvre-feu nocturne et aussi l’interdiction des déplacements interurbains le week-end.

Bref, rien qui nous empêche à court terme de continuer notre descente vers le sud pour avoir quelques degrés de plus pour passer l’hiver !

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