2259 km parcourus du 28 mars au 9 juillet 2020

56 987 km parcourus depuis le départ

Jeudi 9 juillet 2020, après de très nombreuses semaines, je reprends enfin la traditionnelle écriture de mon blog. Je retrouve ma place, allongé sur mon lit dans la Tiny, avec un œil sur Anaïs et Victor, qui eux n’ont pas trop arrêté l’école et qui terminent bientôt leur année scolaire de CM2 et 4ème. Audrey s’occupe d’eux et lit entre deux sollicitations des enfants quelques pages du Guide du Routard sur la Suisse. Nous sommes garés sur la place du village de Frasne, dans le Doubs. Plus que 34 kilomètres nous séparent de notre prochain passage de frontière. On a hâte !

Mais que s’est-il passé depuis que je vous ai abandonnés la dernière fois le 28 mars 2020 ? Petit retour en arrière pour ceux qui n’ont pas suivi…

Le 10 mars dernier, alors que la pandémie du Covid-19 explosait partout dans le monde, nous étions freinés dans notre élan et l’accès depuis la Thaïlande au Myanmar (Birmanie) nous était impossible car l’Inde annonçait le jour même la fermeture totale de sa frontière avec le Myanmar. Nous décidions alors de vite aller trouver refuge en Malaisie avant que sa frontière avec la Thaïlande ne se ferme à son tour (ce qui allait se produire 48 heures après notre entrée). Mais à peine arrivés sur place le 14 mars, on apprenait que le pays allait entrer dans une phase de confinement général 4 jours plus tard. C’est dans la ville de Tanah Rata qu’on trouvait l’hospitalité sur le parking d’une mosquée, où nous allions vivre confinés, le temps que la situation sanitaire s’améliore. Rapidement, nous prenions conscience que ce n’était pas une question de jours mais que la situation allait certainement durer longtemps. Le 25 mars, un mail de la cellule de crise de l’Ambassade de France en Malaisie nous proposait un rapatriement dès le lendemain organisé par le Ministère des Affaires étrangères. En quelques minutes, il nous fallait prendre la décision. Le 26 mars, nous abandonnions la boule au ventre notre fidèle Tiny à Kuala Lumpur et montions dépités dans l’avion, accompagnés de nos amis Gali et Compagnie. Seize heures plus tard, nous atterrissions à Roissy et découvrions la France dans un froid glacial et dans une ambiance de fin du monde, liée au confinement général.

En 17 jours, notre formidable aventure prenait fin… Il fallait l’accepter. Notre Tiny était si loin de nous, sans savoir dans combien de temps nous allions la récupérer. Nos proches étaient si près de nous, mais nous ne pouvions les serrer dans nos bras. Le moral était au plus bas.

Et depuis, que s’est-il passé ?

Heureusement, pour nous consoler et nous permettre de vivre cette période paisiblement, nous avons été accueillis par deux personnes extraordinaires : Marie-Anne et Bruno, un couple de voyageurs retraités habitant dans le sud de la Vendée que nous avions rencontrés à notre retour d’Amérique du Sud alors qu’ils s’apprêtaient à y partir. Ils nous mettaient à disposition avec une grande générosité une très grande partie de leur immense et jolie maison.

L’école reprenait aussitôt et Audrey décidait de mettre les bouchées doubles pour occuper les journées et prendre un peu d’avance sur le programme scolaire. Du coup, avec le décalage horaire et la fatigue du voyage, le début fut un peu difficile mais très vite, le rythme était repris.

Et la cour de récréation et la salle de jeux étaient bien agréables… Un vrai confinement de luxe !

Durant 3 semaines, nos hôtes ont été aux petits soins pour nous. Jamais, nous n’oublierons leur accueil, leur sympathie, leur joie de vivre. Marie-Anne et Bruno nous ont permis d’atterrir en douceur, de nous ressourcer et de nous remettre de notre coup dur le plus sereinement possible. Celui de passer de notre extrême et totale liberté de voyageurs à ce confinement inédit où nous ne pouvions pas sortir à plus d’un kilomètre sans avoir rempli notre autorisation de sortie d’une heure au maximum… Celui de mettre en parenthèses nos rêves et d’avoir abandonné notre Tiny, notre indispensable compagnon de route. Marie-Anne et Bruno ont adouci notre peine, en nous choyant avec de bons petits repas et apéros en prenant soin de bien respecter les mesures de distanciation physique ! Les cloches de Pâques sont même passées dans leur jardin… MERCI encore les amis. On ne vous oubliera pas.

On n’oubliera pas non plus tous ces visio-apéros qu’on a pu faire avec nos proches par Zoom ou Skype. C’était trop bon…

Par la suite, après s’être mis suffisamment et sérieusement en quarantaine durant ces 21 jours, nous avons pu rejoindre la maison de mon papa et celle de mes beaux-parents à Poitiers chez qui nous avons vécu durant environ un mois jusqu’à la fin du confinement. Eux aussi ont bien pris soin de nous, et jamais nous n’oublierons non plus tous ces moments partagés ensemble. Entre ateliers couture, jardinage, bricolage, cuisine, jeux de société, promenades à Saint Benoît et à Fontaine le Comte… Anaïs et Victor ont bien profité de leurs grands-parents. Et qu’ils étaient bons tous ces petits plats mijotés avec amour que Liliane ainsi que mon papa nous ont préparés. Sans parler du broyé et de la brioche de Daniel !

Le 5 mai, notre Tiny embarquait enfin sur le porte containers X-Press Jersey à Kuala Lumpur en direction du port du Havre. Trois jours plus tard, elle changeait de bateau à Singapour et son container était chargé parmi 14 000 autres sur un monstre des océans, un immense cargo long de 398 mètres et large de 52 mètres, l’APL Lion City. Qu’elle devait paraître minuscule la Tiny tout en haut d’une pile de containers. L’équipage a commencé à écrire notre nom de voyageurs sur la coque mais ils n’ont pas eu assez de place…

Puis, après Marie-Anne et Bruno, mon papa et Liliane et Daniel, ce sont ma nièce Emilie et son compagnon Boris qui nous offraient l’hospitalité durant plus d’un mois. Ils nous ouvraient eux aussi les portes de leur maison en Charente Maritime à Romegoux. Mais un peu de notre maison aussi car ce sont eux qui en prennent soin et qui y vivent durant notre tour du monde. Ce mois passé en leur compagnie fut l’occasion de connaître et de profiter de leur bébé, Ethan, né alors que nous marchions sur la Grande muraille de Chine. Nous avons pu câliner ce merveilleux bébé et l’observer grandir et s’éveiller dans tout l’amour que lui apporte ses adorables parents.

Et puis, il y a eu aussi ce passage chez ma sœur en Touraine. Également une jolie famille qui nous est chère.

Et puis ce passage en France nous a également permis de refaire le plein de nos bonnes spécialités !

Difficile de vous dire ici tous les intenses moments que nous avons vécus durant toutes ces semaines accueillis par nos amis et notre famille. Tous ont été aux petits soins pour nous. MERCI. MERCI. MERCI… Vous nous avez permis de vivre le plus sereinement possible et de manière apaisée cette déstabilisante et improbable période.

Et pendant ce temps-là, je scrutais l’avancée sur Internet du bateau. Chaque jour qui passait, elle se rapprochait un peu de nous. La Tiny avançait à une vitesse maximum de 25 km/h et traversait la mer d’Andaman le 10 mai, l’Océan Indien, longeait les côtes du Sri Lanka le 14 mai, du sud de l’Inde, des Maldives, de la Somalie le 20 mai puis remontait la Mer Rouge avant de passer le Canal de Suez le 26 mai et d’arriver en Mer Méditerranée. Puis après avoir frôlé les ruines de Tipasa le 1er juin et fait une deuxième escale à Algésiras en Espagne elle passait le Détroit de Gibraltar le 3 juin. La remontée de l’Océan Atlantique se faisait en quelques journées jusqu’au port du Havre où elle arrivait le 7 juin, plus d’un mois après avoir quitté la Malaisie.

Quelques jours plus tard, toujours avec nos amis Linda et Gaëtan, nous montions au Havre retrouver nos camions. Malgré nos craintes, ils ont parfaitement voyagé et aucun problème n’a été constaté. Un contrôle douanier veillait à vérifier qu’on ne fasse pas de l’importation illégale de tabac à chicha, ce qui semble courant depuis la Malaisie.

Le temps ne nous a pas permis de profiter plus longuement de Thérèse et Pierre, un autre joyeux couple de voyageurs habitant Le Havre, venus nous accueillir, et qui auraient bien aimé qu’on passe plusieurs jours chez eux. Mais une longue route m’attendait avec un premier rendez-vous mécanique dès le lendemain. Ce n’est que partie remise.

Car oui, autant profiter de ce retour improvisé en France pour refaire une santé à notre vaillante Tiny qui a déjà parcouru 55 000 kilomètres durant ces 18 premiers mois de voyage à travers 20 pays. Bien entendu, c’était avec Joaquim que nous avions rendez-vous dès le lendemain chez Mercedes à Saint Jean d’Angély. Il a pris le temps d’en faire tout l’entretien nécessaire et de tout contrôler avec son œil expert et attentif. MERCI Joaquim !

Enfin, nous retrouvions notre Tiny. Une grosse semaine commença alors pour tout ranger, nettoyer, trier… C’était l’occasion parfaite pour s’alléger de beaucoup d’affaires qui ne nous servaient pas et de petits souvenirs achetés durant notre cavale. C’était également l’occasion de refaire quelques achats en particulier vestimentaires pour nos enfants qui ont bien grandi depuis le début de notre aventure. C’est le moment de refaire de la peinture, un peu de couture, de plomberie et d’électricité, de réparer le réservoir de gasoil, de remplacer le turbo fatigué, de remplacer les 6 pneus…

Mais c’est aussi l’occasion de changer le contenu de notre bibliothèque et de tous les guides touristiques. Nous laissons avec regret sur nos étagères les guides du Myanmar, de l’Inde et de toute l’Afrique que nous ne visiterons pas. Mais par lesquels nous les remplaçons ? Car oui, vous l’avez compris, l’aventure n’est pas terminée pour nous… La situation sanitaire liée au Covid-19 semble un peu s’améliorer, du moins sur l’Europe. Les frontières de l’espace Schengen ouvrent de nouveau petit à petit depuis le 15 juin. Bien que la situation soit encore fragile.

Dès le 20 juin, la Tiny est prête. Nous aussi, nous prenons la route, et quittons Emilie, Boris et Ethan ainsi que notre maison qu’on ne reverra plus avant notre retour.

Nous partons pour une dizaine de jours, profiter des gens qu’on aime si fort en faisant un joli circuit dans le sud-ouest de la France qui nous fait passer par Angoulême, Castillonnès et Cahors, cette ville qu’on aime tant.

Nous terminons dans un petit coin de paradis dans le sud-ouest par un superbe week-end de voyageurs organisé par nos chers amis Sanlien et Judra chez qui nous retrouvons les BAAM, les PLEM et faisons connaissance avec d’autres familles de voyageurs les Courtiseurs d’horizon, les Bulks, et les Valins. MERCI les amis pour ces bons moments passés ensemble.

Mais déjà la Tiny fait des siennes et nous oblige à un passage par la case départ pour un problème électrique et un remplacement du boitier à fusibles… Merci encore mon ami qui se reconnaîtra pour ton coup de main.

L’heure du nouveau grand départ sonne mais avant, nous nous retrouvons à Poitiers pour fêter en famille les 75 ans de mon papa. Encore un merveilleux moment entourés des gens qu’on aime.

Lundi 6 juillet, c’est le moment de partir. Un sentiment bizarre partagé entre l’euphorie du nouveau départ et la tristesse de quitter nos proches. C’est le cœur serré et la boule au ventre, que nous embrassons notre famille. S’il y a bien un moment difficile dans l’aventure que nous vivons, c’est bien les au-revoir… Mais quelque chose nous dit qu’on ne tardera pas à les revoir quelque part en Europe…

Nous quittons notre région de cœur et partons plein Est de la France… Après un dernier passage chez des cousins en Saône et Loire, nous voici de nouveau partis vers l’inconnu, avec la soif de nouvelles rencontres et de nouvelles aventures.

Mais dans quelle direction ??? et bien, pour tout vous dire, on n’a pas trop envie de faire des plans. Nous avons déjà eu la frustration de ne pas pouvoir continuer notre parcours comme prévu, de ne pas retrouver nos neveux et nièces qui avaient déjà réservé leurs billets d’avion pour nous rejoindre au Népal et sur l’île de La Réunion. D’autre part, la situation sanitaire est encore fragile et susceptible de changer à tout moment. La crainte d’une deuxième vague de contamination au Covid-19 est toujours là, et encore plus présente depuis quelques jours. Nous allons donc naviguer à vue, sans trop de plan. En profitant pleinement de chaque jour qui passe.

Mais si tout va bien, nous aimerions aller en Suisse, en Autriche, en Hongrie, en Roumanie d’ici la fin octobre. Puis, ce serait la Turquie en novembre. Toujours en fonction de la situation sanitaire mais aussi de la situation géopolitique, ce serait l’Iran en décembre. Puis les Émirats Arabes Unis et Oman en janvier, février. Puis l’Arabie Saoudite en mars. Puis le Soudan et l’Egypte en avril et en mai… Nous traverserions ensuite la Mer Méditerranée en bateau peut-être après un passage en Jordanie et en Israël. A moins que nous utilisions les guides de l’Ethiopie, du Kenya et de la Tanzanie que nous avons quand même emmenés, au cas où… Mais nous avons aussi pris avec nous les guides touristiques de l’Europe centrale et de la Scandinavie si les portes du Proche-Orient se ferment… Et puis pourquoi ne pas faire tout simplement un tour de France si les frontières se ferment toutes ! Nous avons reçu tant de sourires, de gentils mots et même d’invitations chaleureuses pendant les quelques jours passés sur les routes de notre beau pays. Bon autant vous dire qu’il y a beaucoup de guides sur l’étagère et que nous les sortirons au fur et à mesure… Le retour reste prévu à la fin de l’été 2021 ou bien courant 2022 si nous prolongeons un peu…

Toujours est-il qu’aujourd’hui notre cavale reprend quasiment 4 mois après qu’on ait été empêchés d’entrer au Myanmar. On le sait, un voyage est fait d’imprévus et d’aventures ! Et puis on retient le positif dans cette pause : celui d’avoir pu profiter de notre famille, de nos amis et celui d’avoir pu faire connaissance avec les nouveaux membres de notre famille, Ethan, Margaux, Pascale, Léa et Clara. Merci Marie-Anne et Bruno, Merci Liliane et Daniel, Merci Papa, Merci Emilie et Boris, Merci Joaquim, Merci à toute notre famille pour tout ce que vous nous avez apporté (sans oublier ma grande sœur que j’adore), Merci à toutes et à tous avec qui nous avons partagé tant de cafés, d’apéros, de repas et de bons moments à Angers, à Daumeray, à Saint Porchaire, à Castillonnès, à Saint Georges les Baillargeaux, à Quincay, à Saint Michel en l’Herm, à Marcenais, à Buxerolles, à Fontaine le Comte, à Romegoux, à Flée, à Montlouis sur Loire, à Cahors, à Lormont, à Anais, aux Eglises d’Argenteuil, à Saint Vallier, à Saint Georges des Côteaux, à Rochefort, à Saint Benoit, à Saint Barthélémy d’Anjou, à Lusseray… MERCI à vous toutes et vous tous de nous avoir permis de nous ressourcer en douceur… et on ne vous en veut pas pour tous les kilos qu’on a pris…

Ah oui, j’en profite pour vous dire que nous avons mis à profit le confinement, pour éditer deux ouvrages sur la première partie de notre voyage. Nous avons écrit un livre sur la route du Pamir retraçant notre aventure au Tadjikistan et un autre sur nos deux mois passés en Mongolie. Ils sont imprimés tout en couleur sur du papier de qualité photo, et ils sont illustrés de beaucoup de photos (270 pour le livre sur le Pamir et plus de 500 pour le livre sur la Mongolie).

  • Notre livre : “Les Mollalpagas en cavale… sur la route du Pamir”

15€ + 6,50€ de frais d’emballage et de port (livré en Point Relais Colis)





  • Notre livre : “Les Mollalpagas en cavale… sur les pistes de Mongolie”

25€ + 7,50€ de frais d’emballage et de port (livré en Point Relais Colis)





  • Lot de nos deux livres : “Les Mollalpagas en cavale… sur la route du Pamir” et “Les Mollalpagas en cavale… sur les pistes de Mongolie”

40€ + 8,50€ de frais d’emballage et de port (livré en Point Relais Colis)




Pour ceux habitant près de Saintes ou de Poitiers, sachez que notre famille tient le stock et cela peut vous faire économiser les frais de port et d’emballage. Contactez-nous via le formulaire de contact en bas de page ou par mail si vous êtes intéressés !

Allez, je vous laisse, c’est la fin de ce 72ème article de blog, je pars acheter un morceau de Comté fruité et une grosse saucisse de Morteau sur la place du village et nous reprenons notre cavale vers la Suisse. Et nous allons prendre un petit apéro !